L'appel de la forêt

Ecouter le brâme du cerf

Article du magazine Le Point – Jeudi 1er octobre 2020

« C’est à l’automne que le plus majestueux des hôtes de nos bois donne toute sa mesure. Cinq adresses idylliques pour écouter le brame du cerf. »

PAR NATHALIE CHAHINE

« Mi-animal, mi-forêt »

« Comme l’écrivait Pierre Ronsard, le cerf est la star des forêts d’automne. Toutes résonnent de l’écho de ses amours tapageuses qui fascinent depuis l’époque de François Ier. Très apprécié pour sa chair succulente, le majestueux ongulé est plus que jamais un emblème. Puissant et gracieux, c’est « l’animal porteur d’une forêt de symboles, tous apparentés au domaine obscur de la force vitale, à la ramure dont le nom, la forme et la couleur semblent sortir des arbres et que chaque année élague comme un bois sec ». (Pierre Moinot, Anthologie du cerf, 1987.) C’est aussi un champion de l’écologie qui entretient les sous-­bois en grignotant les jeunes pousses de chênes ou de pins. Synonyme d’espaces sauvages et mythifié par Bambi, de Disney, il suscite des passions aussi solides que durables. Pour observer ces animaux secrets, rendez­-vous entre mi­-septembre et mi­-octobre, quand le rut les fait sortir du bois pour rivaliser de chants et de combats. Le « must » pour les admirer reste le domaine de Chambord, où un millier de cervidés naviguent sur un territoire aussi vaste que Paris intra­muros. C’est d’ici que le royal mammifère a conquis d’autres territoires forestiers partout en France. De la Bretagne aux Cévennes, voici quelques refuges choisis pour être aux premières loges du grand spectacle. »

Chambre des mariés

British

Domaine de la Trigalière

Autour de ce château aux colombages dignes d’un cottage normand s’épanouissent mille hectares de forêts où perdure la tradition de la chasse à courre. À 30 kilomètres de Tours, la saison du brame s’apprivoise lors de safaris ultraprivés, menés en 4 x4 par l’éco-guide du domaine dès la tombée de la nuit. On éteint le moteur pour écouter les étranges partitions nocturnes, à l’affût du chant des cerfs et autres animaux sauvages, avant de se blottir dans l’une des quinze maisons disséminées entre lacs et bois où l’on s’installe comme chez soi.